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    March 14

    Ahhhh... el amor a la mexicana

    Dispute conjugale à l'arme lourde au Mexique

    MEXICO, 14 mars (Reuters) - Un couple de Mexicains a terminé à l'hôpital après une dispute qui a dégénéré en véritable "guérilla conjugale" à coups de couteaux, d'armes à feu et, pour finir, de bombes artisanales, rapporte le quotidien Milenio.

    Selon le journal, la dispute entre Juan Espinosa et Irma Contreras s'est terminée par l'explosion d'une petite bombe artisanale à l'essence qui a détruit la maison des "amoureux" à Oxkutzcab, dans la province du Yucatan, dans le sud-est du pays.

    Espinosa a déclaré à la presse qu'il était ravi que sa femme ait été brûlée au troisième degré dans l'explosion. Quant à Contreras, elle a regretté de ne pas avoir eu l'occasion "de lui trancher sa virilité" lors de la dispute./ST

    February 16

    Ou Dosse

    Alors hier, surprise au téléphone, mon pote Gerson m'appelle à 15h pour me dire qu'il a réussi à trouver des billets pour le concert le soir-même au stade Azteca des Irlandais les plus connus au monde. I can't believe the news today...
     
    Imaginez donc environ 80 000 personnes selon les organisateurs, 342 selon la police, dans un des plus grands stades au monde. Pour ceux qui aiment les chiffres il y avait 79 856 bruns et brunes et 144 blondes, d'où la vieille blague:
    "- Elle est mignonne, elle.
    - Qui ça?
    - La brune, waf waf waf."
     
    Assis sur des escaliers bien raides - le stade Azteca n'est pas aussi vertical que le Bernabeu qui donne l'impression de faire du rappel constamment, mais il reste impressionnant quand-même - certains de mes voisins sifflent les p'tits gars de la 1ère partie, certes pas transcendants mais avec quelques morceaux intéressants. Et là je me dis, ce qui n'est pas très boudhiste, que je vais reprendre le jiu-jitsu pour pouvoir plus facilement dire à un groupe de grands gros bêtas de fermer leur clapet baveux.
     
    Arrivent nos artistes favoris, grands comme le tiers de mon petit ongle, cf. "Zoolander" et sa réplique fulgurante "Mais... Mais... C'est une maison pour fourmis!". C'est bête mais ça me fait rire. De là où nous sommes, ce serait le Pape et non Bono ce serait pareil, bien que le Pape ne porte pas trop de cuir, de mémoire. Et qu'ìl a l'air plutôt branché musique gothique que pop-rock, le p'tit nouveau.
    Heureusement, il ya des écrans gigantissimes sur lesquels sont projetées les images live (waoh, la technologie) des membres du groupe en alternance avec des montages video à rendre épileptique un aveugle.
     
    Le concert est un spectacle réellement impressionnant, à part de légers soucis de son avec la voix de Bono qui, quand il cherche à motiver le public, ne rencontre que des regards héberlués, voire inquiets, de la foule qui ne comprend pas trop en quelle langue il parle. En même temps, quand Bono dit "Areuh", le public fait "Ouaiiiiiis". Ca doit être chouette d'être Bono.
     
    Un de mes moments préférés fut quand Bono s'adressa à une minette en lui disant "mamacita", terme mexicain de drague un peu lourdaud mais bien rigolo ma foi.
    Quand une autre minette parvint à monter sur scène pour l'embrasser, on a pu assister au premier orgasme collectif féminin de la part de celles qui n'infarctaient pas de jalousie.
     
    Alternant grands classiques laaaaargement repris par la foule (mais laissez-le chanter, quoi!) et nouveaux morceaux, le show continue avec pas mal de peps. Des tentatives de chant en espagnol ("cielito lindo", pour les connaisseurs, qui fait "aye, aye, aye aye") déchaînent le public.
    Sur une version top moumoute de Bullet the blue sky, Bono se bande les yeux et ressemble à s'y méprendre au concombre masqué, c'est le délire.
     
    Plus tard, le même quitte ses lunettes profilées et fixe la caméra. Et c'est le deuxième orgasme collectif. Les filles, c'est la fête ce soir!
     
    Le message humanitaire et de paix du groupe est largement diffusé, les photos de G.W. Bush et Vicente Fox, le président mexicain, côte à côte sur l'écran, suscitant une certaine interrogation et pas mal de murmures dans le publico. Moment vite oublié avec les derniers morceaux et deux rappels, sous les lumières jaunes des briquets et bleues des portables, des dizaines de milliers de cordes vocales mexicaines en action ça fait quelque chose.
     
    Fin du spectacle, show réellement balèze dans un stade mythique, j'ai passé une très bonne soirée.

    Basse tension en Basse-Californie

    Retour sur la Basse-Californie, où j'ai passé quelques jours vraiment sympas en cette fin d'année.
    La BC donc, est une langue de terre bien pendue, puisqu'il faut quand-même compter 24 heures de bus environ pour aller de La Paz à Tijuana, sise entre la Mer de Cortès et l'Oceano Pacifico.
     
    Comment y aller : de San Diego, on passe la frontière et on atterrit directement à Tijuana, contraste assuré. Sinon, il y a aussi des ferries qui viennent du continent avec leur lot de mouettes dans le sillage, 18 heures relativement tranquilles depuis Mazatlán, avec de jolis spectacles assurés par le soleil et un barman type La Croisière s'amuse en plus gay.
     
    Qu'y faire : plein de choses chouettes et relaxantes.
     
    Morceaux choisis:
     
    - A La Paz, j'ai fait du snorkelling avec un requin-baleine, qui tire son nom du fait que c'est un requin très très gros. Vraiment balaise l'engin. Mais qui a le bon goût d'être végétarien. Je laisse quand-même passer mes petits camarades en premier, des fois qu'il change d'avis le bestiau, parce qu'on a beau chasser sa nature etc. Moi je connais plein de fumeurs qui ont arrêté 3 semaines et puis hop, une soirée, une clope et paf, ils replongent, alors le requin il peut faire pareil je dis.
    - J'ai aussi plongé et abimé plus avant mes tympans en nageant avec des otaries - autant dire que l'eau était froide comme ça. C'est joueur une otarie, ça vient te mordiller les palmes sans prévenir, un peu comme un jeune chiot. J'ai bien essayé de lui lancer un bâton mais ça ne l'a pas impressionné. On a de la chance d'avoir le chien comme meilleur ami quand-même. Plus tard, nous sommes allé explorer une épave, je ne parle pas de Christophe. Là j'ai moins aimé, visibilité de 2-3m avec plein de particules qui flottent, autant dire qu'on ne voit pas grand-chose, et ambiance claustro garantie.
     
    - Sinon, la BC offre d'incroyables paysages, région surprenamment montagneuse et désertique principalement peuplée de cacti abritant des bip-bips et autres coyotes vils, avec une côte est fort jolie ma foi, plages de sable blanc et mer translucide obligent. La route est certes longue, mais elle est belle.
     
    - On peut aussi savourer plein de tacos délicieux au poisson frais frit (pas facile à dire ça, tiens), Linda avec qui je voyageais et moi ne nous en sommes d'ailleurs pas privés, notre préféré étant à Guerrero Negro.
     
    - Mulege, petit village côtier perdu au milieu d'une palmeraie gigantesque, offre lui plusieurs options de farniente ou d'activités plus physiques pour ceux que l'ambience "tranquilo, hombre" n'atteint pas. On visite aussi dans la region de sympathiques canyons abritant de rupestres peintures et des cours d'eau glacés, un désert plein de bêtes et de plantes aux vertus étonnantes mais que j'ai déjà oubliées, et un vieux couvent typico. Le 31 au soir, c'est là que nous avons festoyé, terminant même par esquisser en compagnie des locaux quelques pas de danse forts maladroits, vous me connaissez, sur de la musique norteña (soit du nord du pays), qui se distingue selon moi par des groupes version cow-boys colorés, chemise rouge à franges noires, bottes, chapeau et moustache obligatoires.
     
    - A Guerrero Negro, plus au nord, il n'y a rien a faire. C'est plus une rue qu'une ville, rue où passe tout le traffic nord-sud, s'y arrêtant dans un nuage de poussiere pour faire une pause-pipi ou tacos ou dodo. L'ambiance y est curieuse, un peu genre fin du monde,  bien que loin d'egaler ce fameux bled tibétain mentionné plus tôt. Il n'est pas tout à fait exact qu'il n'y a rien à y faire, puisqu'on profite de notre visite pour aller voir les baleines grises d'Alaska, qui viennent dans la lagune avoisinnante se rencontrer, fricoter, reproduire et accoucher entre janvier et mars chaque année. On se retrouve donc très tôt le matin à bord d'une coquille de noix sur la lagune, à la recherche désespérée et désespérante de cétacés. Il est encore tôt dans la "saison", car il paraît que jusqu'à 2000 bestiaux y séjournent. Quant à nous, nous en voyons 5 ou 6, dont une mère et son rejeton, et sommes plutôt contents de rentrer à Guerrero Negro (si, c'est possible), au chaud.
     
    - Enfin, Tijuana, fameuse ville frontière mal-famée, offre relativement peu de réconfort au pélerin matinal qui sort du bus la tête pas très claire après 12 heures de route. La ville, exempte de taxes, se distingue par son alternance de pharmacies aux médocs pas chers, cabinets de dentiste ou docteur "discount", magasins de souvenirs et bars + ou - louches, ceci afin d'offrir au touriste US tout ce dont il a besoin pour passer une bien bonne journée. Ceci étant, en s'éloignant de la zone "touristique", on découvre des marchés bien sympathiques, des bâtiments plus modernes, un centre culturel top chouette, une autre vie que le simple côté déprimant des rejetés et paumés venant tenter leur chance aux US et restant plantés là. Par ailleurs, Tijuana, qui se targue d'être la ville la plus visitée au monde, a une vie culturelle et notamment musicale fort riche et intéressante, une ambiance propre qui ressort de cette ville à part.
     
    February 10

    Aïe aïe aïe

    Ci-dessous quelques renseignements qui auraient pu me sauver l'anus, mais il n'est jamais trop tard...

     

    Afin d’être moins surpris au moment de passer à table, sur laquelle le chile a de bonnes chances d’avoir sa place, voici un classement présentant quelques uns de ces symboles de la cuisine mexicaine en fonction de leur teneur en piment. Chaud devant !
     
    Le terme chile, qui vient de la langue nahuatl, englobe tous les fruits possédant de la capsaïcine, substance qui confère son piquant au condiment. Les Aztèques, en leur temps, avaient déterminé trois catégories pour classer les chiles : "brûlant", "très brûlant", "brûlant à se sauver en courant".
    Le classement qui suit, du moins au plus fort, se fonde sur la concentration en capsaïcine de chaque chile, grâce à une échelle établie, en 1912, par le pharmacologue américain W Scoville. Elle va de 0 à plus de 300.000 unités (unités Scoville).
    Le succès du chile dans la cuisine mexicaine provient de ces différentes saveurs et de sa pungencia (le piquant) issue de la capsaïcine. Il possède également les vitamines A et C. Cependant, à la lecture de ce classement, on ne se sera que moyennement surpris par le fait que les chiles furent également utilisés comme armes chimiques lors de conflits durant la période préhispanique.

    Un des chiles les moins forts, avec 1.000 à 2.000 unités Scoville, est le chile Poblano. Relativement doux, vert foncé tirant sur le grenat, il est originaire de la région de Puebla et on le retrouve dans de nombreuses spécialités locales. On l'appelle "poblano" lorsqu'il est frais et jeune. Il mesure de 7 à 15 cm de longueur. Il est souvent farci de viande comme dans les chiles en nogada.

    On trouve ensuite, un peu moins doux, le chile Ancho. C’est en fait le chile Poblano lorsqu'il est mur, ridé, et séché. Il a une couleur "chocolat". Le terme Ancho fait référence à sa forme en coeur assez large.

    En remontant le classement, on trouve le chile Mulato. Marron foncé, de 8 à 12 cm de longueur, ce chile a une saveur douce et fruitée, légèrement fumée avec une pointe de réglisse. Il est souvent ajouté aux molés (sauces) mexicains.

    Le chile Pasilla, lui, est cultivé principalement dans le centre et dans le nord du pays. Il fait 12 à 18  cm de long, et 2 á 4 de large, long et étroit, de couleur verte allant du clair au foncé. Pasilla est le nom du chile Chilaca mûr et séché, d'un rouge foncé presque noir. Il tire son nom de pasa qui signifie "raisin sec".

    Avec 2.500 à 5.000 unités Scoville, le chile Mirasol signifie "regarde le soleil". Les fruits de certains plants sont, en effet, tournés vers le ciel. D´une longueur de 10 cm, sa couleur est rouge foncé quand il est mur. Les Mexicains, l'appellent aussi " chile travieso", " piment turbulent". 

    Le chile Cascabel, lui est rouge foncé, petit, de 2 à 3 cm de diamètre. Il pousse à l'état sauvage sur la côte du Pacifique. Cascabel signifie "grelot". Les Indiens le font sécher et l'utilisent comme instrument de musique. Le chile cascabel a un goût de noisette.

    Le chile Guajillo est le chile Mirasol mais séché. Sa couleur varie du brun orangé au rouge violacé. Il mesure entre 10 et 15 cm de long et 2,5 cm de large. C'est l'un des plus courants au Mexique. Son goût, rappelle celui du thé vert.

    Avec 2.500 à 8.000 unités Scoville, Le chile Jalapeño ou « chile oiseau » ou " chile enragé " est originaire de la ville de Jalapa dans l'Etat de Veracruz. Il est vert (ou rouge quand il est mûr). Il est fin, charnu et arrondi. Le chile Jalapeño mûr (rouge) a une saveur plus sucrée et moins forte.

    Avec entre 5.000 et 8.000 unités Scoville, le chile Chipotle est le Jalapeño, mûr et séché. C'est peut-être un des chiles mexicains qui a le plus voyagé, et que l'on retrouve un peu partout dans le monde. Long de 5 à 6 cm, conique, relativement doux, de couleur brun clair. Il accompagne avantageusement la viande.

    Avec 8.000 à 22.000 unités Scoville, le chile Serrano, originaire des régions montagneuses du nord du pays, est fin et charnu. Il commence par être vert foncé et devient jaune, orange, rouge sombre ou marron quand il est mûr. Il ressemble au chile Jalapeno en plus petit, avec une saveur nettement plus "brûlante".

    Avec 12.000 à 30.000 unités Scoville, Le chile Manzano aussi appelé Locoto, il est vert, jaune ou rouge. Doté d’une chair épaisse, c'est le plus brûlant des chiles assez grands pour être farcis.

    Avec 15.000 à 30.000 unités Scoville, Le chile De arbol ("de l'arbre") est rouge, mince et effilé. Cette variété croît sur des plantes très arbustives atteignant 1,20 m de hauteur. Il est très piquant et doit être consommé avec parcimonie.


    On arrive dans le "top 3" de ce classement non exhaustif, puisqu'il existerait près de 250 sortes de chiles au Mexique ! Avec 30.000 à 50.000 unités Scoville, le chile Tabasco est jaune, orange ou rouge. Il est très fort et brûlant, il porte le nom de l'État dont il est originaire. Un soldat américain le rapporta aux États-Unis vers 1850, puis une sauce baptisée "Tabasco" fut commercialisée dès 1868. Aujourd’hui plus de 70 millions de bouteilles sont vendues par an.


    Avec 40.000 à 58.000 unités Scoville, le chile Piquin est, lui, l'ancêtre sauvage de nombreuses variétés de chiles cultivés. Écrasé au mortier, c'est un "feu d'artifice en bouche". On le surnomme "municiones" (chevrotine), parce qu'il est tout petit.


    Avec 100.000 à 325.000 unités Scoville, le chile Habanero, petit chile rond, vert, rouge, jaune ou orangé en forme de lanterne, est très aromatique, et peut être considéré comme le chile mexicain le plus fort. Il est généralement rôti, haché et mélangé à de l'oignon finement émincé. On y ajoute une pincée de sel et le jus d'une orange amère.
    Vincent DONVAL. (Le Petit Journal) 9 février 2006

     
     
    December 21

    Les murs sont tendance

    Probablement influencés par leur pote Sharon, nos amis Ricains ont décidé de construire un mur sur certaines parties de la frontière avec leur voisin du sud, afin de limiter l'immigration clandestine. Intéressant, de la part d'un pays qui par ailleurs fait un pressing "de los demonios" pour ouvrir les frontières économiques et écouler son maïs transgénique sponsorisé par l'Etat aux pays du Sud (certes, on ne fait pas beaucoup mieux chez nous).
    Le mieux, c'est que d'ici 20 ans ils sont capables de nous le transformer en attraction touristique type Grande Muraille, si jamais ils le construisent of course.
    En tout cas, ils peuvent toujours demander à Léotard s'ils veulent des rabais sur la construction.
    Bref, qu'ils continuent à s'enfermer chez eux avec leur paranoïa ces dirigeants du monde depuis Washington, mais par pitié, qu'ils n'en sortent plus!
     
    Diplomatie : Opposé au mur "de la honte", Fox tire à boulets rouges sur les Etats-Unis.- Le Président Vicente Fox Quesada, lors d’une cérémonie liée à la Journée internationale des migrants, a vivement critiqué dimanche dernier la décision de Washington de construire des murs frontaliers entre le Mexique et les Etats-Unis pour lutter contre l’immigration clandestine entre les deux pays. "Ce mur est une honte", a-t-il affirmé, estimant qu’il s’agissait d’un mauvais signe de la part d’un pays qui se "prétend démocratique". "Il n’est pas possible qu’au 21ème siècle on construise encore des murs entre deux nations voisines, entre deux nations sœurs" a-t-il par ailleurs ajouté, tout en comparant ce projet de mur avec celui de Berlin. Le Congrès américain a approuvé vendredi dernier une loi visant à renforcer la sécurité à la frontière américano-mexicaine et à transformer en délit pénal la présence illégale sur le sol américain. Cette loi, qui a l’appui de George Bush, doit désormais passer devant le Sénat avant de pouvoir entrer en application. (LPJ – 20 décembre 2005)
    December 20

    La Vierge des Ordures

    Le 12 décembre, le Mexique en fête célèbre sa Sainte Patronne, la Vierge de Guadalupe.
    Miraculeusement apparue à un jeune Indien du nom de Juan Diego, environ une dizaine d'années après la conquête de l'empire Mexica par Cortès et sa horde sauvage, cette Vierge-là a fait beaucoup plus pour la conversion des locaux que l'ensemble des prêtres évangélisateurs.
    Imaginez en effet une Vierge à la peau sombre qui apparaît à un Indien, qui repart avec des roses et une image de la Vierge imprimée sur un tissu... Niveau Marketing on atteint des sommets, trop forts ces Padres!
     
    Et bien croyez-le ou non, mais j'ai courageusement bravé les foules pour faire un tour du côté de la Basilique de Guadalupe, samedi 10 et lundi 12 derniers.
    En fait, il y a 2 basiliques, une ancienne et une moderne, cette dernière contenant l'image de la Virgen vue par Juan Diego: pour l'observer, les fidèles se bousculent le nez en l'air sur des tapis roulants histoire d'accélérer le traffic, ah si seulement ils pouvaient en installer dans toute la ville...
    Plus loin, vous pouvez acheter une messe, des t-shirts, rosaires, statues aux néons clignotants, bracelets porte-bonheur, crucifix etc. C'est limite si on ne vous vend pas des indulgences ou un accès direct au ciel. Catholandia va bien, c'est moi qui vous le dis. En tout cas, c'est bien pratique pour les cadeaux de Noël, tremblez famille et amis!
     
    Le plus impresionnant, ce sont les pélerins qui viennent de toute la République, en voiture, bus, camion, vélo, à pied - parfois nus, portant à bout de bras ou sur le dos une peinture ou statue de la Vierge. Ces fanatiques-là campent sur le parvis et achèvent leur périple sur les genoux, littéralement, la douleur de la rotule devant les rapprocher de Dieu j'imagine. Car Dieu est souffrance, mon fils: "Tchac!", coup de fouet. Vestige des civilisations pré-Colombiennes? En tout cas ici on adore la douleur et le sang, en témoignent les statues de Martyrs dans les églises, à faire peur à Freddy. J'en ai profité pour écrire à Mel Gibson et lui proposer de tourner "La Passion 2" dans le coin.
     
    Ceci dit, en bon Mexicain, on vient en famille et on n'oublie surtout pas de manger: une foultitude de stands vous proposent des tacos d'estomac et des jus de betterave, miam.
     
    Retour donc le lundi 12 dans l'après-midi avec une amie, et changement d'ambiance: moins de pélerins, j'imagine repartis après la messe du matin, remplacés par des groupes de danses traditionnelles, Aztèques en tête. Les tambours battent, les danseurs tournent, les couleurs fusent, les plumes tremblantes créent presque des courants d'air. Curieux de voir ces danses ancestrales, rites païens, et ces masques à tête de mort s'agiter en tous sens devant le symbole chrétien du pays. A gauche un groupe d'Apaches (???) entame la danse du tomahawk, plus loin des danseurs de Veracruz dansent en équilibre sur une corde dans les derniers rayons du soleil.
     
    Ah, oui, pourquoi la Vierge des Ordures?
    Et bien, les Mexicains ont encore parfois l'habitude de jeter leurs déchets un peu partout, malgré une assez forte campagne du gouvernement : affiches dans le métro, poubelles pour déchets organiques et non-organiques dans les parcs, pas comme en France etc.
    L'astuce, si vous en avez marre de trouver des détritus sous votre arbre préféré dans votre quartier, c'est d'y installer un petit autel dédié à notre amie Guadalupe: comme par magie, vous verrez alors l'endroit se nettoyer.
    Mais alors et bien mais où donc vont les ordures?, me direz-vous perplexe
    Et bien vu l'état des alentours de la Basilique, il semblerait que celle-ci attire et concentre la quasi-totalité des déchets rejetés par les mini-autels de la Virgen, balaise non?
     
     
    November 30

    Les glouglous de Soyaltepec

    Soyaltepec, c'est un peu le bout du monde, un endroit magique qui se mérite et auquel on accède après de très nombreuses heures de bus, les reins endoloris, les jambes lourdes et la tête gonflée par tant de mauvaises vidéos au son délibérément amplifié par le chauffeur de mauvais poil, car poils il possède cet australopithèque grincheux qui joue avec nos vies comme un conducteur de car indien ou de taxi-brousse s'en-fout-la-mort africain.
    Internationale des chauffeurs, franchement parfois vous nous les brisez menu!
     
    En attendant l'arrivée improbable d'un compañero, nous sifflons quelques bières qui ont le double mérite de nous remettre de nos émotions, de nous faire oublier la pluie qui nous accueille pendant le trajet en barque car nous avons besoin d'une douche, sympa la pluie, et surtout de nous donner le courage d'affronter de nuit l'ascension boueuse et vicieuse et glissante et vas-y-t'y-pas-que-je-me-cochonne-les-fringues-en-me-flinguant-le-genou du Mont des Palmiers, mondialement connu sous le doux nom de Soyaltepec.
    Quoi, ça fait un triple mérite? Si tu veux, de toutes façons après cette suée je me fous autant des chiffres qu'un chauffeur de bus australopithèque grincheux se soucie de nos vies, j'espère que tu me suis.
     
    Installation dans les cabanes écologiques et dodo en accordéon au rythme des chansons et cris des pochtrons du village que l'on retrouvera le lendemain midi encore en train de siphonner, belle performance même si la douce brise les fait dangereusement tanguer.
     
    Mais le matin, quoique grisounnet, offre une vue fantastique sur le lac artificiel comme un sourire d'agent immobilier, qui alimente le barrage électrique (le lac, pas l'agent, un agent alimenter un barrage non mais franchement!), et ses dizaines de petites iles, parfois simple arbre voire poteau électrique au câble dangereusement près des flots, qui surgissent plus ou moins nombreux en fonction des pluies et du niveau de l'eau.
     
    Tour de kayak à l'exploration de ces ilôts et baignade à l'ombre des palmiers et sous le regard des pélicans. Puis tour de hamac digestif, le mot "tranquilo" prenant alors tout son sens malgré le passage et repassage de glouglous machos "protégeant" leur glougloute, animal qui rentre dans mon top 3 des êtres les plus vilains et les plus stupides au monde avec les supporteurs du PSG côté Boulogne.
     
    Le dernier tour se fait dans la communauté Mazatèque, calme bourgade où le terrain de foot à rebonds aléatoires est squatté par ânes et cochons malgré la tenace volonté d'un local à 4.5 grammes de nous enrôler pour en peindre les pourtours, priorité numero uno à l'en croire, où la vieille église de San Miguel refuse de perdre la statue de son saint qui aurait déclenché une tempête soudaine au moment d'être embarqué pour le "continent", et où le soleil cogne fort sur ces p'tits bonzhommes en tenue de gala récitant poème ou chanson patriotique le jour de la fête de la Révolution.
     
    Car des p'tits nenfants il y en a plein a Soyaltepec, tôt tombe la nuit et absente est la télé, objet magique d'anéantissement des volontés fécondatrices, d'idées ou de petits êtres.
    Quant aux enfants de Soyaltepec, eux s'occupent de sourire aux touristes avec lesquels ils apprennent l'espagnol, avec l'accent français aujourd'hui.
     
    Quant à nous, nous regardons les étoiles apparaître sur le lac, des oiseaux crient ou sifflent on ne sait pas bien, la lune se lève, une discussion en mazatèque s'achève au loin, et au sommet de notre île nous sommes bien.
     
    November 29

    Marcos

    Les Français ont un penchant naturel pour les révolutionnaires et autres rebelles, tant qu'ils ne brûlent pas leur voiture, penchant plus ou moins valide selon les causes soutenues et leur contexte.
    Ainsi du Sous-Commandant Marcos et de ses Zapatistes luttant pour la reconnaissance des Indiens du Chiapas et l'amélioration de leurs conditions de vie. Bien, par contre les FARC colombiennes, mouvement initialement bolivarien de lutte pour "la paix, la démocratie et la souveraineté", semble s'être converti en agence de kidnappings - dealers de drogues au côté des narco-trafficants et paramilitaires. Mais ceci est une autre histoire.
    Moment d'espoir pour les Zapatistes du Chiapas en 2001, suite à leur longue marche sur Mexico et leur accueil / reconnaissance par le nouveau gouvernement Fox. Moment suivi de... rien. Depuis 4 ans, peu voire pas de progrès, et malheureusement l'EZLN n'a pas réussi sa transformation de mouvement guerillero en parti politique (déçu par la gauche locale soit-dit en passant), peut-être bien ce que souhaitait le gouvernement mexicain d'ailleurs.
    Certes, le Sous-Commandant et ses troupes ont réussi à dénoncer et mettre à mal un système politique corrompu et générateur d'inégalités criantes, il faudrait qu'enfin ils arrivent à construire.
    Peut-être via cette nouvelle organisation civile?
     
    Plus d'infos:
     
     
     
     
    http://www.ezln.org.mx/ (site officiel, en espagnol)
     
    http://www.submarcos.org/ (site de fan, en espagnol)
     
     
    Marcos annonce le remplacement de la branche politique de la guérilla zapatiste par une organisation civile.
     
    Le sous-commandant Marcos, chef des Zapatistes mexicains, a annoncé mercredi la dissolution de la branche politique du mouvement, qui sera remplacée par une nouvelle organisation civile.
    Le Front zapatiste cessera ses opérations vendredi, déclare le chef de la révolte de l'EZLN (Armée zapatiste de libération nationale) dans un message publié mercredi dans le journal mexicain "La Jordana". La nouvelle organisation "ne luttera pas pour le pouvoir, mais bâtira une nouvelle façon de faire de la politique", ajoute-t-il. "Elle sera pacifiste, anticapitaliste et de gauche".
    Après quatre années de silence, les rebelles zapatistes ont récemment multiplié les interventions publiques afin de sortir de leur isolement et bâtir un mouvement politique en vue de la campagne présidentielle de l'année prochaine.
    En septembre, un millier de militants zapatistes s'étaient rassemblés dans le village de La Garrucha, en pleine jungle, en zone frontalière avec le Guatemala. Lors de cette rencontre, Marcos avait annoncé qu'il se lancerait dans une tournée de six mois à travers le Mexique à partir du 1er janvier.
    La révolte des zapatistes a été déclenchée en janvier 1994 pour la défense des droits des Indiens. Marcos a été identifié en 1995 par les autorités mexicaines comme étant l'ex-chargé de cours à l'université Rafael Sebastian Guillen.
    AP
     

    Du maïs culturel

    Raté, les glaces au chili, sauterelles grillées et autres oeufs de fourmi n'entreront pas cette fois-ci au patrimoine de l'Humanité (voir article plus bas).
     
    La princesse Basma Bint Talal de Jordanie, présidente du jury, justifie cette décision : "le Mexique n’a pas réussi à mettre suffisamment en avant la valeur symbolique et rituelle du maïs dans sa cuisine".
     
    La princesse aurait-elle eu du mal à digérer sa tortilla aux tripes suivie de papaye pimentée? A moins que ce ne soit l'aspect mollement marronâtre du mole qui ne l'ait tourneboulée. Petites natures ces têtes couronnées...
     
    Ceci dit, il est vrai que le Mexicain aime manger et décline le maïs sous toutes les formes possibles et inimaginables (moins la polenta, curieusement ignorée ici), mais bon, faudrait voir à ne pas exagérer quand-même compañeros. Je vous promets que le jour où le taco de graisse de porc frite entre à l'UNESCO, je milite pour la reconnaissance internationale de la tartiflette!
     
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    GASTRONOMIE - Le taco à la conquête de l’Unesco
     

    L’été dernier, la Commission mexicaine pour la culture et les arts a décidé de faire de la cuisine mexicaine une des plus reconnues au monde. C’est ainsi que le Mexique s’est lancé le grand défi de faire classer sa gastronomie "patrimoine de l’Humanité" par l’Unesco. Verdict demain

    Les célèbres chiles en nogada, une des spécialités de Puebla. (Photo : http://mexico.udg.mx/cocina/)

    Le Conaculta (Commission nationale pour la culture et les arts) s'est donné comme objectif, depuis l'été dernier, de faire de la gastronomie mexicaine une des plus prisées du monde. Pour cela, quoi de mieux que la reconnaissance d'un organisme international de la portée de l'Unesco ? Le gouvernement mexicain a ainsi déposé une candidature pour faire élever la cuisine mexicaine au rang de "Patrimoine Oral et Immatériel de l’Humanité" !
    Jaime Nualart, le vice-président du Conaculta a souligné l’originalité de cette initiative : "C’est la première fois que la gastronomie d’un pays présente une candidature pour être reconnue comme chef d’œuvre du Patrimoine oral et immatériel de l’Humanité". Gloria Lopez, coordinatrice nationale du département "Patrimoine culturel, Développement et Tourisme" du Conaculta, a, elle, ajouté : "L’Unesco nous demandait des preuves de l’intérêt des Mexicains pour l’entrée de notre cuisine nationale dans le Patrimoine de l’Humanité". Les forces vives de la cuisine mexicaine ont donc été mobilisées pour faire découvrir cette riche gastronomie aux décideurs de l’Unesco.
    Des entreprises du secteur alimentaire, des pouvoirs politiques à la représentation diplomatique mexicaine à Paris : tous ont mis la main à la pâte. Et un grand restaurant parisien a accepté d'acceuillir dans ses rangs la fine fleur de sa cuisine mexicaine. Les chefs Gerardo Vasquez Lugo, Ricardo Munoz Zurita, Elsa Kahlo, Olivier Lachevre, Marlene Netzahualt Munoz, Nacxitl Gaxiola Montes et cinq cuisinières indiennes se sont donc retrouvés dans le prestigieux cadre de l’Hôtel Bristol****, près des Champs Elysées. Du 19 au 22 septembre derniers, ces distingués marmitons ont pu faire une démonstration de leurs talents culinaires.
    40kg d'avocats et 26 kg de mole !
    Les grandes spécialités régionales ont ainsi pu être mises en valeur. Ce fut tout d'abord la cuisine de l’Etat du Michoacan (dont le nom signifie "domaine des poissons"), dominée par les fruits de mer. Puis vint le tour des spécialités des Etats de Oaxaca (tamales et moles en particulier) et de Puebla (chiles en nogada). Le chef cuisinier du Bristol, Philippe Lefranc, a souligné la qualité des plats proposés et l’adresse des cuisinières indiennes, qui ont préparé à la main toutes les tortillas consommées pendant ces quatre journées promotionnelles. Il a également salué l’excellente cohésion de l’équipe mexicaine qui a dû partager les cuisines du Bristol avec le personnel français de l’hôtel.
    Pour préparer tout cela, 40kg d’avocats, 50kg de tomates vertes, 120 chiles problanos, 30kg de citrons verts, 4kg de chile jalapeño, 20kg de feuilles de nopal ont été transportés par cargo. De plus, les chefs avaient personnellement mis certains produits dans leur valise, notamment 26kg de mole ! Seule bévue : les tortillas présentées à la presse étaient de fabrication... britannique.
    Au-delà de la promotion culturelle, on attend beaucoup au Mexique de cette opération du point de vue des retombées économiques. Le recteur de l’Université des Amériques, à Puebla, a d'ailleurs affirmé : "La cuisine traditionnelle mexicaine n’est pas un vestige des temps glorieux mais un important facteur de développement, générateur d’emplois et de devises pour notre pays".
    L’Unesco doit rendre sa décision demain.
    Bastien LESTANG. (LPJ) 24 novembre 2005

    November 24

    ¡¡¡ Musica !!!

    Largement occultée par les chanteurs bourrés-drogués pop-rock-alternatif de nos voisins anglo-saxons ou les groupes de jeunes rebelles sans cause et réciteurs de textes bourrés-drogués hexagonaux, la production latine n'en reste pas moins de fort bonne qualité et mérite largement le détour, ne serait-ce que pour ses interprètes borrachos-drogados.
    Je me devais donc de vous faire découvrir ses représentants, des groupes phares à la pop du moment.
    Morceaux choisis:
     
    - Cafe Tacuba : LE groupe mexicain, assez inclassifiable, pop-rock latino, chanteur un tantinet nasillard et chouettes rythmes. A écouter: "Eres", "La Ingrata".
     
    - El Gran Silencio : des affreux jojo de Monterrey, mélange de rap-hip-hop-reggae-pop-rock j'en passe et des meilleurs, c'est joliment enlevé et ça donne la pêche, à l'image du "Chuntaro style".
     
    - Miranda : le hit du moment, c'est "Don", chanson pure 80s d'Argentins vraiment rigolos. Allez Lolo, rejoue-nous de ta guitare!
     
    - Rodrigo : un autre Argentin (ils sont forts, vous verrez), dont la chanson "La mano de Dios" est un hymne sympa en soirée au "Dieu" Maradonna, pour les fans
     
    - Aterciopelados : des Colombiens à la pop très charmante, comme dans "El album"
     
    - Babasónicos : je ne sais plus d'où c'est-il qu'ils viennent mais ils se laissent écouter, comme dans "El loco" ou "Carismatico"
     
    - Belanova : pure pop mexicaine, un autre hit de l'année avec "Me pregunto porque"
     
    - Soda Stereo : encore des Argentins, surprise surprise, pur rock comme dans "De musica ligera" ou "Entre canibales"
     
    - Control Machete : du gros, du lourd rap mexicain avec des titres printanniers tels "Andamos armado" ou "Artilleria pesada". Si Señor!
     
    - Molotov : autre groupe de rap, plus rigolo à mon goût, je recommande "Gimme the power" et "Frijolero". Allez, je leur pardonne leur version peu harmonieuse de Bohemian Rhapsody.
     
    - Nacha pop: ben, de la pop quoi. "Lucha de gigantes", sur la BO d'Amores Perros.
     
    - La Gusana Ciega : un ver aveugle gentiment pop-rock, à écouter: "Tornasol (vuelves a ser)"
     
    - Nortec Collective : electronica de Tijuana, a priori très appréciés outre-Rhin, j'imagine pour "Hiperboreal" ou "Polaris"
     
    - Maldita Vecindad : ces maudits voisins sont assez semblables à la regrettée Mano Negra, en tout cas ils ont la durazno sur "Kalimba", "Solin" ou "La gran ciudad".
     
    - Tijuana No : si vous aimez les percus et le ritmo, c'est pour vous. "Pobre de ti" ou "Tierra y Libertad".
     
    - Zoe : pop-rock sympatoche, aux relents 70s, comme dans "Love" ou "Sunshine on a rainy day".
     
    - Los Fabulosos Cadillacs : LE groupe Argentin qui assure avec un rock légèrement jazz original, à avoir dans toute bonne cdthèque. "El Matador", "Mal Bicho", leur reprise de "Strawberry Fields Forever" ou "Vasos Vacios" pour avoir une idée plus précise.
     
    - Juanes : autre succès pop de l'année, un Colombien avec sa "Camisa negra" (ce qui est plus classe que les Chaussettes, quelque part)
     
    - Moderatto : rock type 80s qui ne se prend pas au sérieux, enfin j'espère, c'est rigolo et ça détend comme sur "Quémandome de amor".
     
    - Fobia: rock mexicain, je suis moins fan mais ça s'écoute tels "No eres yo"
     
    - Maria Daniela y su Sonio Laser : la chanteuse la plus rigolote du groupe, c'est elle sur "Miedo"
     
     
    Voilà, señoras, señores y señoritas, bonneZécoutes
    November 10

    Questions ouvertes

    Les civilisations precolombiennes ne connaissaient pas la roue.
    Ceci est relativement etonnant car nombre de leurs symboles ou objets avaient une forme bien circulaire: la fameuse Piedra del Sol, par exemple, ou encore les anneaux a travers ils devaient faire passer la balle lors du jeu de la pelota, ancetre du basket.
    Comme quoi il ne leur manquait pas grand-chose...
     
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    Extrait d'un dialogue entre le Pere Miguel (tous les Peres s'appellent Miguel, j'espere que vous le saviez) et deux Mexicas, aux premieres heures de la colonisation espagnole.

    Pere Miguel: - Bon, les p'tits gars, faudra voir a arreter de sacrifier et de manger vos captifs.
    Xetlopohuizitlocatepetl ("main", en nahuatl): - Ah bon mais pourquoi?
    Pere Miguel: - Parce que ce n'est pas bien, Dieu Tout Puissant a dit de ne pas tuer son prochain, et surtout pas de le mettre en broche.
    Huitl ("petit oiseau qui a fait son nid par derriere les buissons du cote des roseaux sauvages au bord de la riviere", en nahuatl) : - Bien, d'accord. Mais Dieu a dit qu'on a le droit de bruler et d'enrouler les entrailles des gens autour d'une pique alors?
    Pere Miguel: - Euh, la ce n'est pas tout a fait pareil, c'etait pour les aider a retrouver le chemin vrai, l'unique verite.
    Xetlopohuizitlocatepetl : - Oui mais alors, ton Dieu Il interdit les sacrifices humains c'est ca?
    Pere Miguel: - Oui.
    Xetlopohuizitlocatepetl : - Et pourquoi est-ce que Lui-meme a sacrifie Son propre fils sur la croix alors?
    Pere Miguel: - Ouhla, c'est pas gagne...
     

     
    November 09

    Des Mariachis

    Le Mariachi fait partie integrante de la vie du Mexicain: une soiree entre amis, une promenade en barque, une declaration amoureuse ou une demande de pardon a sa bien-aimee? Appelez ces hommes joufflus et ventripotents au costume ridicule et au chapeau resolument anti-ascenseur, et le tour est joue.

    Ces moustachus ombrageux vous interpreteront au pied leve de grands classiques locaux et enjoues, des chansons d'amour d'une tragedie telle qu'en comparaison vous rigolerez devant le final de Romeo & Juliette ou encore une serenade romantico-sucree qui peguera a jamais dans le corazon de votre douce.
    Ceci etant, on se prend tres vite au jeu, surtout apres quelques tequilas accompagnees de jus de tomate, et fusent alors les "ay ay ay" et les "Hi hi hi iiiiiii".
    Cris qui expliquent les maux de crane du lendemain, wallah!
     
     
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    Les Mariachis - article trouve sur "http://www.mexique-fr.com/mariachis.php"
     
    Un peu d'histoire
     
    Nous avons sélectionnées pour vous six chansons de mariachis à écouter :
     La Negra
     Jarabe Tapatio
     Las llaves de mi alma
     Mexico Lindo
     El Mariachi Loco
     Guadalajara
     
    La musique qui régnait au Mexique il y a quelques siècles était composée de flûtes, tambours, en bois, en boue sèche et en escargots. Elle constituait un élément indispensable dans tous les rites sacrés. Par contre, l'arrivée du christiannisme et des Espagnols dans beaucoup de régions apportèrent : violons, guitarres, harpes, et instruments à vent. Les musiciens locaux n'ont pas seulement appris à jouer avec mais aussi à les fabriquer, et parfois à les concevoir à partir de leur imagination.
     
    Musique et danse étaient des éléments importants dans les productions théâtrales espagnoles, populaires à travers le monde entier pendant l'époque coloniale. Il y avait donc des orchestres qui accompagnaient le théatre composé de violons, harpes et guitarres. De ces groupes proviennent beaucoup de genre de musique au Mexique, entre autres, les mariachis.
     
    Que signifie le mot "Mariachis" ?
     
    Beaucoup de musicologues et folkloriques se posèrent la question. Selon les rumeurs "touristiques et celles qu'il y a sur les pochettes des disques", c'est un dérivé du mot "mariage" héritage de l'époque française où Maximilien fut empereur du Mexique. D'après cette légende, le mariachi fut nommé par les français, lors des fêtes de mariage. Mais cette légende fut totalement démentie, avec la découverte de l'usage de ce mot dans un document qui datait d'avant l'arrivée des français au Mexique.
     
    Maintenant, la plupart des spécialistes pensent que le mot "mariachi" provient de racines indigènes. Selon quelques théories, il dérive du nom du bois avec lequel on fabriquait les planches sur lesquels on dansait pour accompagner le rythme de la musique locale. Ceci dit, la véritable origine, est, et sûrement personne ne le découvrira, bien intéressante : "Mariachi" veut dire un concept musical des plus intéressant du monde. --)8-)
     
    Les mariachis et la danse
     
    C'est important de rappeler que ce genre de musique, non seulement se jouait et se chantait, mais aussi, depuis le début se dansait. Une forme de danse qui s'associe par tradition avec le "son jaliciense" et le "son jarocho", le "zapateado", un style qui a eu ses origines en Espagne. Lorsque l'on fait du "zapateado", le danseur frappe les talons de leurs bottes avec le plancher en marquant des rythmes rapides et quelques syncopes qui complètent le dynamisme des instruments. Le zapateado peut même faire des éclats de bois du plancher tellement il se danse avec intensité et force.
     
    Chaque variante régionale de ce genre de musique a son propre style de danse. Le huapango ou huasteco, auxquels peuvent se rajouter le son jaliciense et le son jarocho, se danse sur du plancher. A certains endroits, (surtout à Jalisco) les danseurs s'assoient sur des cruches en boue sèche. Pour danser le huapango, les couples s'alignent en lignes parrallèles. Le torse se maintient droit pendant que les pieds glissent subtilement, exécutant des pas rapides et complexes. De nos jours, les danseurs parfois se mettent un verre d'eau sur la tête pour démontrer leur agileté et leur control absolu.
     
    Les vêtements
     
    Bien qu'aujourd'hui ils s'habillent de manières différentes, le costume traditionnel pour le mariachi reste le charro, plus précisément celui de la région de Jalisco. Ce fut après la révolution que les mariachis ont commencé à porter le costume de charro:
     
    Le chapeau est la première partie du costume, grand et majestueux. Les femmes mariachis portent en général des fleurs ou un bandeau sur leur tête pour remplacer le chapeau.
     
    Le noeud autour du cou est une cravate en forme de papillon. Ils le portent avec une belle chemise à manches longues.
     
    Les bontonaduras, boutons qui ornent le costume, sont la marque du fabriquant du costume. Les boutons sur les pantalons son appellés mancueñas. Ceux sur les manches sont les boutons de manchettes. Initialement, les boutons traditionnels étaient fabriqués en or et en argent.
     
    Le botin, est une botte plus courte pour ce costume.
     
    La ceinture que portent les mariachis est large et faite en cuir. Elle est souvent décorée de dessins de chevaux et de charros.
     
    Les personnes qui furent importantes à la musique du Mariachi
     
    Le groupe le plus important de la musique fut les Mariachis Vargas de Tecalitlán. Le président invita ce groupe à jouer de la musique en 1934. Grâce à cette invitation, ils ont eu énormément de succès. Il y a aussi eu Pedro Infante, Miguel Aceves Mejia, Lola Beltrán, et José Alfredo Jimenez.
     
    La musique, la Negra, est LE morceau que les mariachis jouent à leur arrivée. Si vous allez au Mexique, il est donc indispensable d'avoir écouté de vrais mariachis. Sur la place Garibaldi ou sur les barques à Xochimilco, ils sont de partout. Ils apportent joie et bonheur tout au long de leur présence grâce à leur musique chaleureuse.
     
     

    La fete des Morts - Dia de los muertos

    La Toussaint au Mexique est une periode festive bien moins triste que chez nous.
    Certes on y commemore les morts, mais en allant leur parler en famille, en passant du temps sur leurs tombes decorees de fleurs, de petits pains sculptes et autres objets que les defunts appreciaient. L'ambiance est meme parfois joyeuse, les chansons de mariachis voire la tequila animant les allees des panteones (cimetieres) surfrequentes en ces 1er et 2 novembre.
    Les villes, musees, entreprises, particuliers dressent des autels qui representent la mort de diverses facons, celle-ci apparaissant plus souvent comme un joyeux drille que comme un personnage effrayant. De quoi surprendre...
     
     
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    La Fête des Morts (Día de los Muertos) - article trouve sur "
    http://www.mexique-fr.com/muertos.php"
     

    La fête des morts est une fête d'une grande importance au Mexique. Elle se déroule en effet, pendant 2 jours, le 1er et 2 novembre juste après la fête de Halloween qui n'a aucun rapport. C'est aussi une occasion pour se retrouver en famille.
     
    Un peu d'histoire
     
    Tout le monde, un jour ou l'autre, est confronté à la mort, que ça soit par la sienne ou celle d'un proche. De nombreux rituels, spécifiques à chaque culture, ont été développés pour permettre aux vivants d'accepter la mort ainsi que pour aider le défunt à accéder à accéder à son nouvel état méta-physique.La fête des morts, vieille d'environ 3500 ans, découle de nos jours de plusieurs traditions.
     
    Lors de l'époque de Moctezuma (dernier empereur Aztèque), les habitants du Mexique avaient l'habitude de venir plusieurs fois par an sur les tombes des morts. La famille du défunt dansait, chantait et laissait des offrandes afin de pourvoir aux besoins du défunt dans l'au-delà. En réalité, les Aztèques pratiquaient 2 fêtes majeures: une pour les enfants (Miccaihuitontli), et une pour les adultes (Hueymiccalhuitl). La petite fête était célébrée 20 jours avant la grande.
     
    Les Espagnols, eux, avaient l'habitude de venir dans les cimetières pour y déposer du pain, du vin et des fleurs pour la Toussaint. Les Espagnols pensaient que les âmes parcouraient la Terre et flottaient autour d'eux. Tous craignaient qu'elles s'abattent sur eux pour les emporter avec elles. C'est pourquoi ils préparaient des autels avec du vin et du pain pour les apaiser. Des cierges les guidaient jusqu'à l'autel. Le rituel Aztèque n'a donc pas été éradiqué par les Espagnols en les convertissant au catholicisme. La date a juste été fixée afin qu'elle coïncide exactement avec le jour de tous les saints, le 1er et 2 novembre, à la place des 2 précédentes fêtes séparées de 20 jours).
     
    De nos jours, une autre culture vient s'ajouter à cete fête. L'arrivée des âmes des enfants le 31 octobre coïncide avec la fête d'Halloween. C'est pourquoi on rencontre dans les rues des enfants déguisés en Dracula, momies et autres morts vivants tenant une citrouille. Ils ne disent pas "trick or treat", mais "calaveras" selon la tradition del dia de los Muertos, afin d'obtenir des friandises ou des pièces de monnaie.
     
    Le rituel et les célébrations
     
    Ce jour de la fête des morts, les familles vont rendre visite aux tombes de leurs ancêtres et les nettoient, les décorent, leurs mettent des fleurs (spécialement des fleurs oranges appelées zempaxuchitl) ainsi que des bougies. Les âmes des défunts reviennent sur Terre suivant un certain ordre. Il convient alors de leur donner les offrandes appropriées.
     
    Les personnes décédant durant le mois précédent ne recoivent pas d'offrande car elles n'ont pas eu le temps de demander la permission de retourner sur Terre.
    Pour les enfants morts avant d'avoir été baptisés, on offre des fleurs blanches et des cierges. Pour les autres, on apporte des jouets.
    Pour les adultes, on apporte des bouteilles de tequila.
     
    Des offrandes sont aussi faites dans chaque maison sur des autels situés dans les chambres des défunts, plus ou moins décorés et remplis selon les familles. On y trouve: du copal dans son encensoir, des fleurs porte-bonheur, des cierges allumés, des photos représentants le défunt de son vivant, des têtes de morts en sucre ou en chocolat, des fruits, le pain des morts, des bonbons, de la nourriture que le défunt appréciait le plus, des boissons, de l'eau bénite et diverses offrandes particulières au défunt (tabac, poteries...).
    Les têtes de morts portent sur le front les prénoms des morts. Bien qu'elles soient généralement représentatives du défunt, elles peuvent se déguster. Les Aztèques et autres civilisations gardaient comme trophée les crânes des vaincus et les rassemblaient lors de la fête des morts. Ces crânes symbolisent le mort et la renaissance.
     
    Pour guider les âmes, un chemin de pétales de fleurs est réalisé de la rue jusqu'à l'autel. Des prières sont récitées et de la musique est jouée. Les Mexicains, qui sont presque tous catholiques, débutent leur journée en priant les défunts, et la terminent en buvant à leur santé. Le mexicain n'a pas peur de la mort, il se moque d'elle, joue avec, et même cohabite. C'est une coutume qui pour nous, nous semble choquante voire provocante car la mort est traitée comme un personnage quasi humain avec familiarité et dérision...Ne serait-ce pas tout simplement une autre manière d'aborder la vie et par là même d'intégrer plus naturellement et sans honte cette mort qui nous fait peur et nous fascine ?
     
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    La Fête des Morts (El Dia de los Muertos) - article trouve sur "http://www.halloween.tm.fr/default.asp?fichier=/fete-des-morts.asp"
     
    La fête des morts est une fête très importante au Mexique - sans doute la plus spectaculaire - qui se déroule pendant 2 jours les 1er et 2 novembre.
     
    Attention, cette fête n'a pas de lien avec Halloween ... quoique ...
     
    Pourquoi " quoique " ?
     
    L'origine de cette fête.
     
    El Dia de los Muertos date de 3 500 ans ... environ. C'était un rituel des anciennes peuplades mexicaines (Mayas, Toltèques, Aztèques) envers les morts et la continuation de la vie, la vie n'étant qu'un rêve...
    Les espagnols déplacèrent la date de ce jour aux 1er et 2 novembre (fête des saints et fête des morts) qui tombaient au milieu des fêtes de la mort des Aztèques afin que ces nouveaux chrétiens "christianisent" de fait ce rituel.
    Donc un peu comme Halloween, Samain à l'époque, le nouvel an celte ( ... il y a environ 2 500 ans) était une fête liée à la mort et à la résurrection chez les Celtes. Dans ce cas, les chrétiens (vers 700, 800) placèrent la fête des saints et la fête des morts au lendemain du nouvel an celte.
     
    Le rituel du Dia de los Muertos
     
    Ces jours sont donc jours de fête.
    Le premier est celui des enfants défunts, le second celui des adultes défunts.
    Les tombes sont nettoyées, la croix repeinte, décorées de fleurs plus spécialement des fleurs oranges ( le cempoalxuchitl), on brûle de l'encens (copal). Les enfants morts reçoivent des jouets, les hommes adultes de la tequila ! On dépose de quoi festoyer ainsi que des confiseries et des cierges.
    Sur les autels placés dans les maisons, on dépose aussi de la nourriture, des boissons et des cigarettes !
    La fête se remarque par les " calaveritas ", des pains sucrés en forme de têtes de mort ou de cercueil sur lesquels sont inscrits les prénoms des morts et que l'on dépose sur les tombes ou les autels. Ce gâteau qui symbolise la mort et la renaissance se mange.
    Il y a aussi les pains de los muertos.
    Comme les Celtes, les Mexicains n'ont pas peur de la mort !
    Il faut donc imaginer que si la journée débute par les prièrent, les mexicains aident les défunts à terminer les bouteilles de tequila ... au son des mariachis ! ! !
    Pendant cette période et avant, les squelettes servent de décoration
     
    Dans la nuit du 1er au 2 novembre, certains mexicains font des feux devant leurs maisons pour se signaler aux défunts amis et chasser les mauvais esprits ...
    A ceux à qui cela ne rappelle rien, pour le nouvel an celte, le feu de Samain avait pour but de fêter les morts de l'année et chasser les mauvais esprits ...
     
    Donc les rituels pré-chrétiens des indiens mexicains et des Celtes sont très très proches
     
    D'ailleurs au Mexique, on commence aussi à fêter Halloween !
    Les enfants ne disent pas "trick or treat" mais "cavaleras" selon la tradition de el Dia de los Muertos afin d'obtenir des friandises ou des pièces de monnaie …
     
     
    October 19

    Terminator

    Rien a voir avec le Mexique, mais un article interessant du Monde du 20 octobre.
     
    "La Mule pèse 2 tonnes. Elle a la taille d'une camionnette, mais sa carrosserie arrondie et moulée d'un seul bloc lui donne l'air d'un jouet. Grâce à ses six énormes roues indépendantes, elle peut circuler sur n'importe quel terrain, franchir un bourbier et même grimper un escalier. Lorsqu'il faut aller vite, elle actionne son moteur diesel. S'il vaut mieux avancer lentement et en silence, c'est le moteur électrique qui prend le relais.

     
    Elle n'a ni porte ni fenêtre, car personne ne monte à son bord : la Mule est le premier véhicule robotique au service de l'armée américaine, capable de se déplacer toute seule, sans pilote ni télécommande. Elle est surmontée d'une grosse tête ronde translucide, fixée à un bras rétractable et bourrée de caméras, de micros, de capteurs, de radars, de sonars et de lasers. Elle peut voir et entendre tout ce qui se passe autour d'elle, de jour comme de nuit. Elle détecte les mouvements et les sources de chaleur, calcule la distance la séparant d'un objet fixe ou mobile. Grâce à ce flux continu de données, son ordinateur de bord dessine en temps réel une carte dynamique de son environnement, puis définit un itinéraire praticable. La Mule est "intelligente".

    Sa première mission sera d'accompagner les fantassins en opérations et de porter leurs paquetages – ­ d'où son nom. Plus exactement, elle suivra un mini-émetteur logé dans la veste de l'un des soldats de son unité. Equipée d'une benne, elle pourra transporter des centaines de kilos d'armes, de vivres et de matériel. Les GI qui doivent parfois porter sur leur dos plus de 40 kg d'équipement seront ainsi plus agiles. Elle servira également de groupe électrogène, de purificateur d'eau et de détecteur de mines ou d'armes chimiques et bactériologiques.

    Attention, la Mule n'est pas encore au point. Mais au printemps 2005, le Laboratoire de recherche de l'armée américaine (USARL), installé près de Washington, a annoncé que ses tests réalisés sur un circuit accidenté avaient été très encourageants. La décision a été prise de lancer la fabrication de plusieurs modèles, ainsi que d'une gamme étendue de véhicules robotiques dont le nom de code générique est simplement UGV pour "Unmanned Ground Vehicles" (véhicules terrestres sans pilote).

    La production en série pourrait commencer dès 2012, pour un déploiement sur le terrain à partir de 2014. Le Darpa (Defense Advanced Research Projects Agency), l'agence de recherche scientifique du Pentagone, a confié les différentes parties du programme à plusieurs consortiums, réunissant des laboratoires publics, des universités, des grands fabricants d'armements et des petites start-up d'informatique et de robotique.

    Dès à présent, le Darpa organise des expositions de maquettes dans les écoles militaires, pour familiariser les jeunes officiers avec ces machines du futur. En mai 2005, il a choisi le War College de Carlisle, en Pennsylvanie, pour présenter une vingtaine de futurs UGV, à roues et à chenilles. Les plus gros seront des wagons d'une quinzaine de tonnes, les plus petits des tanks miniatures de moins de 100 kilos. Le Darpa a aussi annoncé la prochaine naissance de Big Dog et Little Dog, deux plates-formes de transport dotées de quatre pattes articulées.

    Les élèves de Carlisle ont aussi découvert que les UGV de la deuxième génération ne se contenteront pas de suivre les fantassins : ils pourront se déplacer de façon autonome, grâce à des logiciels de navigation leur permettant d'éviter les obstacles et de choisir des itinéraires discrets, genre lisières de forêt ou rues étroites. Dès 2015, on devrait voir apparaître des UGV programmés pour parcourir indéfiniment un même itinéraire, par exemple la navette entre une zone de combat et une base arrière.

    L'arrivée de ces UGV pleinement "autonomes", vers 2020, va d'abord bouleverser les règles de surveillance et de reconnaissance des zones de combat. Grâce à ses batteries de capteurs, un robot patrouillant inlassablement autour d'une zone sera plus efficace que toute une armée de sentinelles. Aucun bruit, aucun mouvement, aucun dégagement de chaleur, même infime, ne lui échappera. De même, un robot envoyé en éclaireur en territoire hostile pourra collecter en quelques minutes des masses gigantesques d'informations sur les positions ennemies et les transmettre en direct à sa base arrière.

    A partir de 2025 ou 2030, l'armée américaine espère posséder, en sus des UGV autonomes, de véritables robots guerriers capables de prendre part aux combats. Il s'agira d'une gamme de blindés rapides de 2 à 10 tonnes. Il est déjà prévu de les équiper de fusils à longue portée, de mitrailleuses, de lance-grenades et de missiles à guidage électronique. Ils ne seront pas programmés pour une mission précise. Ils devront être capables de patrouiller dans une zone hostile et d'analyser des situations complexes.

    S'ils repèrent une unité ennemie, ils se placeront eux-mêmes en embuscade et transmettront les informations au QG. Là, des officiers décideront de la suite des événements. Si les robots reçoivent l'ordre d'attaquer, ils se chargeront eux-mêmes de sélectionner les cibles prioritaires et déclencheront les tirs. Selon M. Omead Amidi, ingénieur en robotique de l'université de Carnegie-Mellon, cette division du travail est logique : "Dans vingt ans, les hommes resteront meilleurs que les robots pour reconnaître les formes et les objets. En revanche, les robots seront meilleurs que les hommes pour viser juste." Qu'un robot puisse appuyer seul sur la détente pour tuer des humains ne lui pose pas de problème : "Dans une guerre urbaine, un robot pourra atteindre un homme au milieu d'un groupe sans faire de dommages collatéraux. En général, un robot fera moins de victimes innocentes qu'un soldat fatigué, stressé ­ ou agressif."

    Bob Quinn, directeur de la société Foster-Miller, qui fabrique des mini-tanks télécommandés, imagine déjà le passage au stade suivant, après 2030 : "Techniquement, l'intervention humaine au moment de la décision de tirer ne sera plus nécessaire. Le problème sera plutôt d'ordre éthique, ou politique. Les officiers actuels se disent hostiles à l'idée de voir un robot prendre l'initiative de tuer un humain, mais la prochaine génération aura peut-être une vision différente. Si, dans trente ans, l'armée américaine se retrouve embourbée dans une guerre meurtrière et incertaine, l'intervention humaine dans la décision de faire feu sera peut-être considérée comme une perte de temps."

     
    Il est prévu de déployer des robots-guerriers dans toutes les divisions. Mais les officiers chargés de penser l'armée du futur souhaitent donner la priorité aux unités spécialisées dans la lutte antiguérilla. Grâce à leur avance technologique, les Etats-Unis se considèrent déjà sur un champ de bataille ouvert, comme invincibles face à n'importe quelle armée conventionnelle. Ils savent en revanche que leur avantage est moins net face à une insurrection dans une grande ville.

    Apparue dès 1991 lors de la désastreuse expédition en Somalie, la prise de conscience est renforcée chaque jour par la guerre en Irak. Une fois de plus, les stratèges américains misent donc sur la technologie pour remédier à leur faiblesse tactique. Charles Shoemaker, chef du programme robotique du US Army Laboratory, fait la liste des vertus du robot de guerre dans un futur conflit "de basse intensité". "Il ne sera pas seulement plus précis qu'un humain, son tir sera si rapide qu'il pourra intercepter un projectile. Il supportera des chocs et des accélérations intolérables pour un organisme vivant. Il pourra fonctionner nuit et jour sans se reposer, ou rester caché sous des gravats pendant des semaines, puis repartir au quart de tour. Pour faire tout cela, il n'aura besoin de rien, sauf de carburant." Sera-t-il pour autant invincible ? "Bien sûr que non, mais s'il ne rentre pas de sa mission, personne ne le pleurera."

    Plus prosaïquement, les robots-guerriers pourraient aider l'infanterie à gérer une possible pénurie de main-d'œuvre. Si les Etats-Unis décidaient à l'avenir de mener de front plusieurs conflits de longue durée, leurs armées courraient sans doute le risque de manquer d'engagés. Or le rétablissement du service militaire obligatoire semble à ce jour improbable, en tout cas pour des guerres "périphériques" dans des pays lointains. En octobre 2004, un projet de loi en ce sens a été rejeté par la Chambre des représentants de Washington par 402 voix contre 2.

    CELA dit, personne n'envisage la création d'une armée de robots partant seuls au combat, tandis que les humains resteraient tranquillement à l'arrière. "L'îlot automatisé fonctionnant en autarcie est un mythe, affirme Charles Shoemaker. Les robots sont faits pour accroître l'efficacité des combattants, pas pour les remplacer." En fait, les soldats devront apprendre à travailler en collaboration avec les UGV et à les intégrer dans leur vie quotidienne.

    Le Darpa travaille sur un char d'assaut miniature d'une dizaine de kilos, portable à dos d'homme, le Packbot, qui pourra être activé en quelques secondes et partir à l'assaut en terrain découvert ou pénétrer dans un bâtiment suspect. Les fantassins disposeront de modèles encore plus petits comme le Throwbot (robot à lancer), qui pourra être jeté comme une grenade par la fenêtre d'une maison tenue par l'ennemi. Une fois au sol, l'engin dépliera ses six pattes et parcourra toutes les pièces, en envoyant des informations aux soldats restés à l'extérieur. Une version explosive du Throwbot est à l'étude.

    La robotisation de l'armée américaine devra évidemment être accompagnée d'une refonte complète de l'équipement des fantassins. Armes, casques et uniformes seront bardés de caméras, de micros et de capteurs, qui dialogueront en permanence avec les UGV. Le système robotique saura exactement où se trouvent les soldats. Il pourra mesurer leur rythme cardiaque, leur pression sanguine, leur niveau de stress et de fatigue. Quand un humain sera blessé, le système enverra au QG un message d'alerte ainsi qu'un premier bilan médical ­ – éventuellement un avis de décès.

    Reste à résoudre un problème majeur : pour fonctionner et coordonner leur action, les robots-guerriers auront besoin d'un réseau de communication sans fil qui couvrira l'ensemble du champ de bataille et se déplacera au gré des opérations. Or, contrairement à leurs homologues civils, les ingénieurs militaires préféreraient éviter les communications par satellite, car un ennemi bien équipé pourrait les brouiller ou les pirater. La seule solution est que les robots constituent eux-mêmes leur propre réseau : chacun d'entre eux servira de relais aux communications destinées aux autres UGV évoluant dans son voisinage, les messages se propageant de façon aléatoire jusqu'à ce qu'ils atteignent leur destinataire. Grâce à cette architecture horizontale et décentralisée, le système continuera à fonctionner même si une partie de la flotte d'UGV était détruite.

    Au fond, les robots ne seront que la partie tangible d'un système dont le véritable coeur sera le réseau. Leur "intelligence" ne proviendra pas de super-ordinateurs embarqués dans leurs flancs comme l'avaient imaginé les auteurs de science-fiction du XXe siècle. Elle sera collective et émanera de l'interaction entre un grand nombre d'engins travaillant "en essaim". Un gros robot de combat pourra envoyer en éclaireur un mini-robot bon marché ou un avion sans pilote. Certains sauront sécuriser un pont, d'autres tendre une embuscade, encercler un bâtiment, se disperser pour ratisser une zone, puis se regrouper pour bloquer une offensive ennemie. Ils pourront aussi éparpiller dans la nature des milliers de mini-capteurs jetables dotés d'émetteurs, créant ainsi des systèmes de surveillance éphémères déjà baptisés "dust networks", les réseaux-poussière.

    Pour communiquer avec les humains, les robots devront envoyer des sons et des images. Ils auront donc besoin de réseaux à haut débit, lourds, complexes et vulnérables. Mais pour communiquer entre eux, ils utiliseront des codes informatiques très légers, et se contenteront de réseaux à bas débit, souples, faciles à installer et presque indétectables. Pour résoudre le problème du réseau, il suffirait en théorie d'augmenter au maximum l'autonomie des robots et diminuer autant que possible la supervision humaine. Cela dit, un problème inédit pourrait alors surgir : les humains ignoreraient la teneur des messages échangés entre robots en temps réel.

    Effrayante perspective...

     
    Yves Eudes"
    October 17

    Mexicanismes

    Ci-apres et sans plus tarder, des mots et expressions d'ici que j'aime bien, et que vous ne trouverez sans doute pas dans votre dico franco-espagnol.
     
    1. ¿Que onda? = comment ca va, ca roule? (litt. "quelle onde?")
     
    2. Guey = mec, gars. Generalement precede du #1: "Que onda guey?" (= ca roule ma poule?)
     
    3. ¿Que paso? (ou: ¿Que pasito?) = quoi de neuf, qu'est-ce qu'il y a?
    S'emploie tout le temps, notamment en decrochant le telephone.
    Aparte: les Mexicains adorent les superlatifs en "ito" et "isimo", afin de qualifier en rendant plus petit et sympathique dans le premier cas et de renforcer et rendre plus grand ou plus important dans le deuxieme.
    Exemples:
      - un chorro (= litt. un jet, un peu) -> un chorrito = un petit peu
      - Miguel -> Miguelito
      - una comida rica -> una comida riquisima = un repas excellent (les Mexicains adorent aussi manger, et je les felicite)
      - elegante -> elegantisimo
    4. La chamba = le boulot, le travail
     
    5. La pachanga = la bringue, la fiesta (apparemment vient d'une danse probablement d'origine cubaine des annees 60, qui fit long feu car trop extenuante).
     
    6. ¡Híjole! = marque la surprise et / ou l'admiration, tels "Saperlipopette!", "Nom de Dzou!" ou "Waohhh!"
     
    7. "Clavate en la textura" = litt. "cloue-toi dans la texture", phrase essentielle des fans de Marie-Jeanne et autres champignophiles.
     
    8. ¡Ojala! = sert a exprimer un desir ou souhait fort mais pas forcement gagne, et vient de l'arabe "Inch'Allah". Ex.: Ojala les Bleus se qualifient pour l'Allemagne.
     
    9. Cabrón = litt. Bouc, mot pas tres sympa pour qualifier un cocu, un blaireau, un enfoire. Peut etre utilise avec des potes mais a manier avec des pincettes. Souvent associe a "pinche" qui fonctionne comme adjectif renforcant l'insulte.
     
    10. Chingar = verbe a moults sens et expressions, litt. forniquer. Peut servir alternativement de compliment "¡Que chingón erres!" ou d'insulte "¡Chinga tu madre!".
    Pour plus d'infos, lire Octavio Paz (Le labyrinthe de la solitude).
     
    11. La cruda = la gueule de bois. Pour lutter contre la cruda, on avale un "caldo de camarón" (soupe epicee aux crevettes) ou des chilaquiles (alors la y'a de tout: oeuf, morceaux de tortilla frits, onions, sauce qui pique, fromage, eventuellement poulet etc.). Bref, ca vous remet l'estomac d'aplomb assez rapidement et ca reveillerait un mort.
     
    12. Con pulso de maraquero = litt. avoir le pouls d'un joueur de maracas. Utilise par exemple pour qualifier un photographe qui a tendance a trembler.
     
    A suivre...
     
    October 05

    Un certain 2 octobre

    Dimanche dernier, le Mexique commémorait le massacre de Tlatelolco, je suis en plein dans la période des souvenirs douloureux et j’attends avec impatience la Fête des Morts dans un mois et le pèlerinage sur les genoux à la Basilique de la Virgen de Guadalupe en décembre.

     

    Tlatelolco c’est un quartier où se situe la Place des 3 Cultures, avec ses restes de pyramide aztèque, une église coloniale et de moches bâtiments modernes. C’est là que se trouvait un des plus grands marchés des Amériques, voire du monde, à l’arrivée des conquistadors en 1519, qui en profitent 2 ans plus tard pour encercler et achever quelques 40000 Aztèques menés par leur leader Cuauhtemoc (« l’aigle tombé ») lors du combat final qui met un terme à la rébellion Mexica.

     

    Mais le massacre de Tlatelolco est plus récent, et se déroule quelques jours avant l’ouverture des Jeux Olympiques de 1968 :

     

    « Le massacre de Tlatelolco a eu lieu la nuit du 2 octobre 1968, à la Plaza de las Tres Culturas à Tlatelolco, Mexico City. Le bilan des morts reste, à ce jour, incertain mais la plupart des sources énoncent le chiffre de 200 à 300 morts, de nombreux blessés et des milliers d’arrestations. Le massacre fait suite à des mois d’instabilité politique, faisant écho aux manifestations estudiantines qui ont lieu partout dans le monde en 1968. Les étudiants pensaient utiliser l’attention générée par la tenue des Jeux Olympiques. En septembre, le président Gustavo Díaz Ordaz, déterminé à mettre fin aux manifestations ordonne à l’armée d’occuper le campus de l’Université Nationale Autonome de Mexico City, la plus grande université d’Amérique Latine. Des étudiants se font battre et arrêter indistinctement.
    En conséquence les manifestations augmentent de taille jusqu’à ce que, le 2 octobre, après une grève estudiantine de 9 semaines, 15'000 étudiants de différentes universités marchent dans les rues de Mexico City. A la tombée de la nuit, 5'000 étudiants et ouvriers, nombreux accompagnés de leur femme et enfants, se réunissent sur la Plaza de las Tres Culturas in Tlatelolco.
    Après avoir entouré la place, la police et l’armée, équipées de voitures armées et de tanks ouvrent le feu sur la foule, touchant non seulement les manifestants mais également les personnes qui se trouvaient là par hasard, y compris des enfants. Les tueries continuent tout au long de la nuit.
    L’explication officielle du gouvernement indique que des provocateurs armés se trouvaient parmi les manifestants et que, se situant sur les bâtiments qui surplombaient la foule, ils auraient eux-mêmes ouvert le feu, visant de manière précise les forces de sécurité qui alors n’auraient fait que répliquer par la légitime défense.

    Source: Trial Watch (http://www.trial-ch.org/trialwatch/profiles/fr/facts/p326.html) »

     

    Aujourd’hui, les Mexicains bénéficient de beaucoup plus de libertés en ce qui concerne les manifestations, celles-ci pouvant se passer n’importe où n’importe quand, à condition de ne pas bloquer le trafic bien sûr. En témoigne le « Mouvement (paysan) des 400 Villages » dont les membres (c’est le cas de le dire) revendiquent nus sous l’Ange de la Reforma, symbole de Mexico. Ces derniers campent ensuite plusieurs mois dans un parc du centre-ville pour protester contre des actes de corruption et de violence de la part de députés fédéraux, dans l’état de Veracruz :

     

    « Un millier de paysans (pour la plupart indiens) du Movimiento de Los 400 pueblos, de l'état de Veracruz, campent depuis un mois à côté de l'Assemblée Nationale, à Mexico. Ils demandent un "jugement politique" (forme juridique spéciale pour juger des hauts fonctionnaires qui ont commis des fautes graves) pour Patricio Chirinos, gouverneur de leur état. Ils l'accusent de persécuter les dirigeants sociaux et politiques du Veracruz, de harceler les organisations sociales et paysannes, et d'être responsable de plusieurs crimes et massacres de paysans indiens de la région. Les paysans demandent aussi la libération de leur dirigeant, César del Angel, incarcéré après une opération policière contre une assemblée dans laquelle les paysans discutaient de comment récupérer des terrains occupés par un groupe proche du gouvernement. 

    Source: http://www.zapata.com/site/bulletins/10_97.htm »

     

    En ce 2 octobre 2005, les Mexicains sont une nouvelle fois dans la rue. Mais ce coup-ci, ils sont en liesse : leur équipe vient de remporter la coupe du monde de football des moins de 17 ans, premier titre mondial pour ce pays, et de la plus belle des manières en battant le Brésil 3-0 (souvenirs, souvenirs). Et franchement, quand on voit l’envie et le plaisir de jouer de ces « jovenes » pas encore corrompus par l’argent et la coke (à ce propos, je recommande la chanson « Mano de Dios » de Rodrigo), on se dit qu’on aimerait regarder plus souvent le foot.

     

    Entre commémoration politique douloureuse et joyeuse célébration du sport, le 2 octobre restera une date mémoire pour les Mexicains.

    October 03

    Tacos à gogos

    5 heures du mat’, j’ai même pas de frissons. Je suis sur le parking du « Borrego viudo » (le Bouc veuf, je n’invente rien), sous une grande croix de bois encadrée par un Jésus de néon bleu et une Vierge de Guadalupe portée par son petit ange, entouré de voitures peuplées d’êtres de la nuit venus débriefer la soirée et se remplir la panse pour éponger avant de comater.

    De la pop locale sort de voitures tunnées, un groupe d’amis pousse la chansonnette plus loin, un couple débat à huis clos dans un 4x4 monstrueux. Pas de contrôle d’alcoolémie ici, ça vaut mieux.

    Les commandes fusent et les serveurs aussi, courant en tous sens, apportant ici une mini-table, là un supplément de citrons verts et une boisson gazeuse, non alcoolisée merci, et surtout les fameux « tacos al pastor » ou tacos du berger, spécialité de cette taqueria pour noctambules affamés, snacks à base de viande de porc cuite comme un kebab et servie dans une tortilla avec une sauce qui arrache la vache aye aye aye.

    La taqueria, c’est là où on mange des tacos, facile. La panaderia, c’est pour le pain (pan) ; la pasteleria, pour les gâteaux (pastel) ; la carniceria, pour la viande (carne) ; la tortilleria, pour les tortillas (tortilla) ; la vulcanizadora, pour les pneus, faut suivre un peu.

    Lumière étincelante en arrière.

    Je suis en train de faire une démonstration aux locaux de mon style personnel de danse syncopée et aléatoire sur le « Chuntaro style » d’El Gran Silencio dans une ancienne mosquée reconvertie en salle de concerts boîte de noche. Ou alors j’essaye de tortiller les hanches en esquissant un ridicule pas de salsa pas picante en écoutant de vieux Cubanos de blanc vêtus emballer une salle art-déco archi-comble. Ou bien je viens de taper sur un M. Fox de carton pâte après avoir crié « ¡ Mexicanos, viva Mexico ! » et sacrifié à la boisson nationale. Ou encore je sors un tantinet chancelant de la tournée des « Grandes Duques » dans le centre historique de la ville et ses cantinas pour Hombres.

    Peu importe, ce qui compte, ce sont ces petites galettes de maïs farcies de viande d’on ne sait trop quoi, qui coûtent 3 pesos (25 cents) et vont curieusement me sauver l’estomac et diminuer ma GDB du lendemain. Une véritable institution que ce Bouc veuf, et une expérience surréaliste à part entière, à vivre ou survivre.

    September 27

    Stupeur et tremblement (19/09)

    Le 19/9, le Mexique commémore les 20 ans du tremblement de terre qui ravage la capitale et fait on ne sait combien de dizaines de milliers de morts, il n’existe pas de chiffres officiels.

    Les officiels, parlons-en, à l’époque se distinguent par leur incompétence et un certain cynisme, mettant des bâtons dans les roues des Chilangos (habitants de Mexico City, ici connue comme « el D.F. », prononcer « elle dé effé » ou Districto Federal) et des ONGs qui tentent d’intervenir et d’organiser des secours qu’eux-mêmes n’arrivent pas à mettre en place.

    Pourquoi ? Car un grand nombre de bâtiments écroulés appartient au gouvernement, immeubles soi-disant anti-sismiques, en réalité construits avec des matériaux de moins bonne qualité, les gains réalisés étant partagés entre… les membres du gouvernement et les compagnies de construction.

    Un scandale de plus dans un pays où les politiques se font régulièrement piégés par des vidéos les montrant en train de demander ou d’accepter des dessous de table (la « mordida » = morsure, bouchée), un de mes préférés étant le président du Parti Vert réclamant des tunes pour approuver la réalisation d’un complexe hôtelier dans une zone écologique protégée.

    Une fois libérés de leurs contraintes actuelles, certains de nos politiciens du Vieux Continent, à l’image de Silvio B. et Jacques C., peuvent toujours se relancer ici en enseignant leurs trucs et astuces de vieux briscards.

    Et pendant ce temps le Popocatepetl fume et la terre tremble, comme les pauvres.

    Culture: Le grito (15/09)

    Le 16 septembre, c’est le 14 juillet mexicain, la fête de l’Indépendance qui commémore ce moment en 1810 où le père Hidalgo, prêtre créole et conspirateur de son état, sonna les cloches de son église à Dolores en criant « ¡ Mexicanos, Viva Mexico ! », début d’une insurrection de quelques mois, le Mexique n’obtenant son indépendance de l’Espagne qu’en 1821 après pas mal de batailles et d’évènements en tous genres.

     

    Le 14 juillet, certes, mais à la salsa local, et puissance 10. Pendant le « mois de la Patrie », le pays entier se drape de Vert Blanc Rouge, ce qui fera plaisir à nos voisins Transalpins. D’immenses drapeaux ornent bâtiments et maisons, banderoles, t-shirts, bannières, fanions, poupées et j’en passe fleurissent de partout, les taxis coccinelle n’hésitant pas à attacher un sombrero Viva Mexico sur leur toit. Et ça vaut aussi pour le plat national, les « chiles en nogada », poivron Vert farci baignant dans de la crème Blanche saupoudrée de graines de grenade Rouges, car le Mexicain aime manger.

    Et boire. Et faire la fête.

     

    Sur le Zocalo, la place centrale de chaque ville qui se respecte, le 15 au soir, ce sont plusieurs dizaines de milliers de personnes qui se rassemblent pour écouter le président Fox pousser le fameux cri. S’ensuit une fameuse orgie…

     

    En ce qui me concerne, la soirée se déroule chez des amis d’amis, car le Mexicain a plein d’amis, avec rires et chansons et des jeux type kermesse. Je me retrouve donc en train de taper gaiement, la faute à la tequila, sur une piñata en forme dudit Mr. Fox, histoire de lui crever la panse pour en faire sortir les bonbons, sans aucune allusion sexuelle, wallahé. D’ailleurs je n’ai absolument rien contre ce brave moustachu, son coca m’ayant par ailleurs plusieurs matins difficiles sauvé la mise. C’est juste que la piñata est pleine de bonbons, et c’est bon les bonbons. Sauf ceux avec du chili, car le Mexicain aime le chili. Moi moyen, là commencent nos différences.
    La piñata donc, est à l’origine en forme d’étoile à 6 branches et représente les 7 péchés capitaux (6 branches + le centre pour les chagrineurs), et servait d’outil éducatif pour les prêtres qui inculquaient ainsi aux indigènes un de leurs thèmes préférés, sauf la gourmandise peut-être.
    September 20

    L'Eglise purifie les narco-dollars

    Dans le journal d'aujourd'hui, l'eveque d'Aguascalientes annonce sans rire que l'argent issu du narco-traffic et qui leur est donne a titre d'aumone ne doit pas etre refuse par l'Eglise qui au contraire le purifie.
    "Ce n'est pas parce que l'origine de l'argent est sale qu'il faut le bruler. Il vaut mieux le transformer. Tout argent peut etre transforme, de la meme facon qu'une personne corrompue peut etre transformee."

    Ramón Godínez,
    Eveque d'Aguascalientes

    De meme que Jesus n'a pas demande a Marie-Madeleine d'ou venait l'argent qui lui avait permis d'acheter ce parfum si subtil avec lequel elle nettoyait les oignons des saints panards, l'Eglise catholique - une des plus grosses fortunes du Mexique ndlr - prefere accepter ces dons pour les tranformer en bonnes oeuvres, ben tiens.

    De la conscience a l'argent, l'Eglise c'est un peu Omo ici, ils lavent plus blanc que blanc.
    En tout cas, s'ils ne savent pas comment utiliser cette poussiere d'or venue de l'ange, ils peuvent toujours l'envoyer aux USA ou en Europe a leurs confreres qui s'empresseront de la convertir en Bounty pour gentils enfants de choeur: de la coco en barres aux barres a la coco, mon coco.
    Coco comme Karl, qui marxisait : "La religion est l'opium du peuple". Parlez-moi d'un visionnaire!